Vis ma vie de contortionniste

Un vendredi chez moi.
Il est 7 h15, je me lève et je me bouscule. Je prépare le panier repas de la princesse en ingurgitant ma dose de caféine.
Je lève mon petit monde en retard, rien d’anormal.
8 H 35, l’homme heureux part avec la princesse pour l’école.
Notez, l’homme part pour tout le week end, retrouver ses comparses maîtres du web pour une formation. (Hinhin).
Je suis presque enjouée bien que seule, livrée en pâture à des terroristes en couche accro à Diego.

Mût par le diable en personne, les grumeaux entrent en scène.
A ce moment précis de l’histoire, je fais la vaisselle et ma petite taille m’empêche d’avoir une vision à 380° de la pièce .Note pour plus tard, détruire le muret ou faire la vaisselle avec des échasses ou ne pas faire la vaisselle). J’aime beaucoup la 3 ème proposition.

Je les entends, ils jouent et rient, j’aurais dû me méfier. Ce n’est pas faute de savoir, mais souvenez vous je suis enjouée…
Plus pour longtemps.

9 H 10, je sors de la cuisine et là horreur malheur, ils sont tous les deux assis sur la table du salon.
Du bouquet de rose, il ne reste rien.

Les pétales des pauvres fleurs sont éparpillées par terre. L’un danse, l’autre les mange( je sais maintenant qu’il n’est pas allergique au pollen!.)
J’en conclus nerveusement que mes enfants n’ont aucun sens du romantisme. Les bougres.
Comme on me l’a fait remarquer depuis, ils auraient pu aussi renverser le vase, je suppose que je devrais les remercier de cette non connerie.
Me voilà donc en train de ramasser les pétales tout en éructant un flot d’insanités.

Je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même lorsqu’ils décideront de parler.

9 H20, j’entends des pas au-dessus de ma tête. Ils ont donc réussit à ouvrir la porte qui mène à l’étage, là où se trouve deux chambres. Je passe sur le fait que l’escalier branlant est plus que dangereux pour des nains destructeurs.
Courageusement sans hurler je monte. Je prends le plus lourd à bras le corps pour le déposer en bas du dit escalier.
Et là… Et là j’entends une porte se claquer.
Et j’ai envie de vous dire que c’est le drame.

Notre chambre n’a pas de poignée pour le moment. A l’intérieur se trouve des ciseaux qui font office de poignée . Non ne dites rien on la cherche un peu la merde aussi.
Voilà ma diablesse de 22 mois, enfermée dans une pièce avec pour seule poignée une paire de ciseaux. Par chance (!), notre chambre possède une sorte de fenêtre (il s’agit en fait d’un oubli de l’homme. Il n’a jamais fini le placo pour séparer notre chambre du reste du grenier, merci chéri.). Je passe ma tête. Je commence donc à lui expliquer qu’il faut tourner l’objet tranchant tout en tirant sur la porte pour pouvoir sortir.

Juste pour imaginer la scène et le dvd pour se rendre compte de la taille de la fenêtre!

 

 

VINGT DEUX MOIS….Damned , elle tient de la taille de sa mère. Elle n’atteint pas l’arme en plus elle se marre.
Je crois que dans sa tête c’est spectacle de marionnette, je suis guignol .
Je tente tant bien que mal d’atteindre les ciseaux.
Mais Dame Nature dans sa grande mansuétude ne m’a pas donné les bras des singes boboo. En d’autre circonstance je lui serais reconnaissante. Dans la meurtrière que j’ai nommé fenêtre, je tente de passer mes épaules. Les épaules (que j’ai large) coincent.
J’en passe une puis l’autre en me tortillant. Les seins bloquent. Je rentre le torse puis tente de les aplatir pour passer.
Cette scène a pour moi un goût de déjà vu.
Sauf que la fenêtre c’était moi.
Les nuisibles rient aux éclats et moi je me demande qui viendra me délivrer si jamais je reste coincée. Je n’atteins toujours pas la pseudo poignée, mais je suis à présent à l’horizontale en équilibre. 
Note pour moi, en fait j’ai des abdos, je fais la planche!!

La seule alternative à présent est de me laisser choir à l’intérieur de la chambre.
Et je chus. Sur mes deux bras, en roulant par terre …Non je ne dirais rien.
Puis, j’ouvris la porte, libérant ainsi une fillette hilare. J’ai perdu définitivement toute dignité face à mes terroristes.

Haletante, stressée et verte de rage, j’ai descendu les gredins et j’ai entrepris de changer les couches..
C’est alors que décidé de finir en apothéose, mon fils s’est mis debout sur la table à langer et a fait pipi. Vous me croirez si vous voulez,mais jamais, je dis jamais il ne l’avait encore fait.

La première fois… Lui debout sur la table à langer. Moi face à lui … Je vous rappelle encore une fois ma petite taille ?